L'intestin

L'intestin

I – Généralités

L’intestin se compose de :
– la flore intestinale
– la muqueuse intestinale
– le système immunitaire

Ces trois éléments interdépendants les uns des autres vont conditionner l’équilibre digestif, garant de notre santé.
En effet, limiter le rôle du tube digestif au transit et à la digestion des aliments, serait négliger l’importance de son action, car il est le siège de nombreuses opérations qui permettent à notre organisme :
– de se défendre contre les agressions microbiennes
– d’éliminer les substances toxiques
– d’assimiler les nutriments indispensables
– de participer à la fabrication de certains éléments vitaux

1. la flore intestinale

Tout l’appareil digestif est peuplé d’une flore microbienne plus ou moins abondante.
Cette flore se diversifie tout au long de la vie. Au total, chez l’adulte, environ 100.000 milliards de bactéries et levures constituent la flore intestinale.

Une flore intestinale normale est constituée :

– d’une flore dominante saprophyte
– d’une flore de passage, composée en partie de bactéries potentiellement toxiques issues essentiellement de l’alimentation

Son rôle :

– elle régule le transit
– elle synthétise des vitamines : B1, B2, B6, B9, B12, la vit K, des enzymes, et métabolise des hormones
– elle empêche les germes pathogènes de se fixer sur la muqueuse : c’est l’effet barrière qui joue un rôle de défense
– elle participe à la digestion car les bactéries possèdent elles aussi beaucoup d’enzymes
– etc…

Différentes bactéries colonisent notre colon :

– la flore de fermentation : colon ascendant droit ; transforme les sucres
– la flore de putréfaction : colon descendant gauche ; transforme les protéines

L’équilibre entre ces 2 flores s’appelle la symbiose intestinale, un déséquilibre peut entraîner une dysbiose.

2. La muqueuse intestinale

C’est un immense filtre qui représente la seule barrière qui sépare notre milieu intérieur du milieu extérieur.
La muqueuse intestinale est constituée d’une membrane très finement plissée, composée de villosités et microvillosités.

Son rôle :

– laisser passer les nutriments : vitamines, minéraux, acides aminés, acides gras…
– rejeter les substances potentiellement toxiques : parasites, virus, bactéries, aliments incomplètement digérés…

Elle est aidée dans cette tâche par la flore intestinale et le système de défense immunitaire.

3. le système immunitaire intestinal (SII)

Le système immunitaire est notre meilleur système de défense contre la maladie.

Principales fonctions :

– chasse les virus
– lutte contre les bactéries
– attaque les champignons
– tue les parasites ainsi que les cellules tumorales

Invisible à l’œil nu, il ne peut être identifié à un organe unique, et doit assurer sa présence partout dans le corps, à toute heure du jour et de la nuit.
Le système immunitaire de l’intestin est le plus important de l’organisme : 70%.

Il doit distinguer les structures inoffensives, voire utiles :

– aliments
– bactéries amies de la flore

Il doit lutter contre les structures offensives :

– virus
– bactéries pathogènes

II – Déséquilibre de l’écosystème intestinal

L’équilibre de cet écosystème intestinal est fragile, de nombreuses causes peuvent entraver le bon déroulement de la digestion et entraîner une dysbiose et une hyperperméabilité intestinale.

1. Déséquilibre de la flore ou dysbiose 

La dysbiose s’installe par excès ou par manque de bactéries.
Nous possédons différents types de flore dont les plus importantes se situent au niveau du colon, il s’agit de la flore de fermentation et de la flore de putréfaction.
La flore de fermentation se nourrit de fibres et transforme les glucides ; elle se situe au niveau du colon ascendant (droit) et produit des gaz inodores type CO2 et H2
La flore de putréfaction transforme les protéines ; elle se situe au niveau du colon descendant (gauche) avec production de gaz odorant type ammoniac, indole, scatol ou sulfure d’hydrogène : substances toxiques qui vont encrasser le foie.

Différents facteurs sont à l’origine du déséquilibre de la flore intestinale :
– excès de sucre ou manque de fibres agissant sur la flore de fermentation
– excès de viande agissant sur la flore de putréfaction
L’alimentation moderne trop riche en sucres et en protéines animales perturbe donc notre flore.

A cela, s’ajoutent :
– les médicaments : antibiotiques, anti-inflammatoires
– le stress
– problèmes enzymatiques : enzymes de digestion
– problèmes de mastication
– infections intestinales
– etc…

La flore bactérienne finit par se déséquilibrer et la dysbiose s’installe.

2. L’hyperperméabilité intestinale

Il arrive que l’intestin devienne une véritable « passoire ».
Il laisse alors passer un grand nombre de substances nocives :
– des fragments d’aliments incomplètement dégradés
– des toxines bactériennes
– des champignons (candida)
Ces substances nocives se retrouvent dans la circulation sanguine, ce qui entraîne une guerre sans merci :
– stimulation constante du système immunitaire
– inflammation chronique

Ce phénomène est appelé Leaky gut syndrome ou hyperperméabilité intestinale.

Différents facteurs sont à l’origine de la perméabilité de l’intestin :
– Le stress
– La prise de médicaments : principalement les antibiotiques et les anti-inflammatoires
– Une alimentation moderne mal adaptée : aliments hautement transformés,
raffinés, à index glycémique élevé, riches en acides gras saturés, acides gras trans, excès de produits laitiers de vache, excès de gluten, excès de viande
– La malnutrition, la dénutrition
– Des insuffisances gastriques : trop ou pas assez d’acide dans l’estomac
– L’hypoxie d’altitude : diminution de l’oxygène
– Les gliadines : protéines allergisantes du gluten
– Les caséines : protéines allergisantes du lait animal
– Chimiothérapies

III – Conséquences du déséquilibre de l’écosystème intestinal

1. Conséquences de la dysbiose

La dysbiose est une vraie maladie de l’écosystème intestinal.
Elle correspond au déséquilibre de la flore bactérienne : divers micro-organismes prolifèrent et acquièrent une virulence qui perturbe la santé.
Ce dysmicrobisme peut entraîner un développement excessif de bactéries nuisibles ou de levures (candida).

Elle est à l’origine de troubles digestifs :
– syndrome du colon irritable, ballonnements, rots, constipation, diarrhée, spasmes, colites, mauvaise haleine (expiration des gaz intestinaux volatils)
– candidose digestive, vaginale

Elle entraîne une diminution de la synthèse :
– de vitamines du groupe B, de vitamine K
– d’enzymes digestives.

Le rôle de la flore sur l’immunité fait que son altération compromet nos défenses générales et favorise certaines allergies.

2. Conséquences de l’hyperperméabilité intestinale

Un grand nombre de réactions allergiques et/ou inflammatoires :
– Allergies alimentaires :
Les allergies correspondent à des réactions exacerbées de défense de l’organisme contre des substances habituellement bien tolérées.
S’il y a perméabilité intestinale, ces substances vont franchir la membrane et se comporter comme des agresseurs, entraînant :
– dermatite atopique, eczéma,
– urticaire,
– asthme,
– rhinite,
– conjonctivite.
Aliments le plus souvent incriminés : lait de vache, œuf, poissons, arachide, noix, céréales, fruits (fraise, melon, kiwi…), légumes…
– Intolérances alimentaires :
Elles diffèrent des allergies par leur localisation au niveau de la muqueuse avec douleurs intestinales
– Inflammation :
L’inflammation est une réaction physiologique de l’organisme en cas d’attaque.
Elle constitue l’une des armes du système immunitaire.
Elle assure la protection de l’organisme, celle-ci doit être aiguë, locale et adaptée.
A partir du moment où elle devient chronique, générale, inadaptée ou mal contrôlée, elle aboutit à une situation pathologique.
On retrouve ainsi toutes les maladies en « ite » : sinusite, rhinite, arthrite, artérite, colite, conjonctivite, cystite, maladies auto-immunes…
– Maladies auto immunes :
Sclérose en plaque, thyroïdite d’Hashimoto, Maladie de Basedow, polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, lupus érythémateux, diabète insulino-dépendant de type 1, syndrome de Goujerot-Sjögren, périartérite noueuse, maladie de Behçet, sclérodermie, spondylarthrite ankylosante, maladie de Still, myasthénie…
Elles proviennent d’une réaction immunitaire inappropriée.
Le système immunitaire s’emballe et attaque l’organisme de façon injustifiée.
Il ne reconnait plus le corps entraînant à terme une destruction plus ou moins importante de nos propres tissus.
– Fatigue par carence en micronutriments :
Les fonctions d’absorption perturbées entraînent une mauvaise assimilation des micronutriments nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme (vitamines, minéraux, fer, calcium, acides gras essentiels, etc.…).
Cette mauvaise assimilation aboutit à des états de fatigue.
Les outils de notre organisme (hormones, enzymes…) manqueront de matériaux de base pour travailler.
Il ne suffit donc pas de se supplémenter en vitamines et minéraux, il convient de s’intéresser d’abord et avant tout à l’intégrité de sa muqueuse intestinale pour une assimilation optimale des micronutriments.

3. Surcharge hépatique

La dysbiose et la perméabilité intestinale produisent un excès de toxines, qui sont récupérées par le foie.
Ce surcroît de travail ralentit le métabolisme hépatique et donc diminue :
– les sécrétions biliaires
– la production d’enzymes
– la digestion par voie de conséquence

En plus de ses nombreuses fonctions, le foie est en charge de la détoxination de l’organisme.
Le foie subit alors un surcroît de travail chronique.
Il est épuisé et laisse passer progressivement un grand nombre de déchets dans le sang.
C’est un « sang pollué » qui va nourrir nos différents tissus et organes.

4. Encrassage

Face à cette intrusion toxinique, l’organisme va tenter d’éliminer ces substances nocives par d’autres voies d’élimination naturelles, les émonctoires :
– peau
– poumons
– reins
– intestin

Quand la capacité de la voie d’élimination est dépassée, on assiste au dépôt de ces substances dans les tissus (muscles, articulations, cerveau, vaisseaux…).
C’est la théorie « d’encrassage ou intoxination des tissus » défendue par le Docteur Jean Seignalet.
Cela entraîne des troubles fonctionnels digestifs, mais aussi des troubles extradigestifs :
– Douleurs ostéo-articulaires, musculaires, tendineuses
– Infections à répétition : cystites, infections ORL, pneumopathies, viroses
– Troubles du comportement
Une perméabilité intestinale altérée entraîne le passage accru de grosses molécules dérivées de l’alimentation à travers la muqueuse intestinale.
Ceci pourrait être impliqué, parmi d’autres facteurs, dans les anomalies du comportement, schizophrénie, autisme, hyperactivité, de même que :
– Troubles de l’humeur : dépression
– Troubles circulatoires
– Acné
– Obésité