Les origines de la naturopathie...

Les origines de la naturopathie...

Pour mieux comprendre ce qu’est aujourd’hui la naturopathie, il peut être utile de rappeler ses origines qui remontent à 2 500 ans et son évolution plus récente, depuis un peu plus d’un siècle.

1/ L’Antiquité 

La naturopathie n’est pas une médecine nouvelle.
Elle puise ses racines dans l’Antiquité, depuis Sumer et les Esséniens.
Elle s’inspire aussi de la médecine ayurvédique et de la médecine chinoise.
La naturopathie se formalise sous Hippocrate (460-370 av JC).
Médecin grec et précurseur de la naturopathie, Hippocrate est considéré comme « le père de la médecine ».
A l’époque, il prônait déjà les principes de la diététique. Il appliquait les lois de la nature et de la physiologie pour révéler à chacun « son médecin intérieur », c’est-à-dire les processus naturels de régénérescence et d’auto-guérison propre à chacun.
Les 5 principes de la naturopathie établis par Hippocrate sont :
– en premier lieu ne pas nuire
– la nature est guérisseuse
– identifier et traiter la cause
– détoxifier et purifier l’organisme
– la naturopathie enseigne
Une des devises d’Hippocrate : « Que l’aliment soit ton médicament ».

Le serment d’Hippocrate :
Ce serment est traditionnellement prêté par les médecins en Occident avant de commencer à exercer la médecine.
Le texte original de ce serment, probablement rédigé au IVe siècle avt. J.-C., appartient aux textes de la collection hippocratique, attribués au médecin grec Hippocrate.
Le serment d’Hippocrate peut être considéré comme le principe de base de la déontologie médicale.

 2/ Le Moyen Age

Le Moyen Age est une période très noire concernant les pratiques de médecine naturelle.
L’Eglise définit la maladie comme une punition divine que seule la foi, le repenti et la prière peuvent éradiquer. Il faut soigner l’âme.
Cette époque du Christianisme nous plonge dans l’obscurantisme.
Beaucoup d’écrits relatifs aux pratiques de la médecine naturelle tombent dans l’oubli.

3/ La Renaissance

La Renaissance est associée à la redécouverte de la littérature, de la philosophie et des sciences de l’Antiquité.
On assiste alors au renouveau de la médecine laïque.
On voit apparaître de nouvelles sciences, notamment l’anatomie et la chirurgie.
C’est grâce à la dissection de cadavres que les chirurgiens accèdent à la connaissance du corps humain.

Ambroise Paré (1510-1590) : père de la chirurgie militaire et de la chirurgie française.
Ambroise Paré passe 40 années de sa vie sur les champs de bataille en tant que chirurgien.
Il est à l’origine de plusieurs découvertes chirurgicales : ligature artérielle après amputation, cautérisation des blessures, etc.
Il a révolutionné l’art des bandages, le traitement des plaies de toute nature, rénové les instruments de trépanation.
Il a également extirpé des corps étrangers, pratiqué la chirurgie réparatrice en restaurant des becs-de lièvre, inventé des appareils pour remplacer des parties du corps abîmées.

4. Essor de l’homéopathie au 18ème siècle  
Samuel HAHNEMANN (1755-1843) est le médecin allemand à l’origine de l’homéopathie. 

L’homéopathie repose sur :
–  La loi des semblables 
Il s’agit de stimuler l’auto-guérison par des substances naturelles susceptibles de produire des troubles semblables à ceux de la maladie elle-même. 
– La loi de l’individualisation 
Il s’agit de soigner l’individu malade et non la maladie ; pour ce faire on recherche les symptômes chez une personne en tenant compte de tous les aspects qui la caractérisent (physique, physiologique, mental, psychique, hérédité, etc.). 
– Le procédé des hautes dilutions 
Il s’agit de diluer et dynamiser les remèdes afin d’obtenir les effets curatifs.

 5/ Renouveau de l’hydrologie au 19ème siècle

Le 19ème siècle voit le renouveau de l’hydrologie dans les pays de l’Est. 
L’hydrothérapie est un traitement basé sur une utilisation de l’eau, de type : 
–  eau de mer
– eau source
– eau minérale
– eau du robinet
L’hydrothérapie peut se pratiquer sous sa forme liquide mais aussi gazeuse, et à des températures variables.
Cela comprend des bains, des douches, des jets, des compresses, etc.

  • SALMANOFF (1875-1965) :
    Selon le Docteur Salmanoff, éminent médecin russe, la vitesse de vieillissement d’un individu est en rapport direct avec l’assèchement de son réseau de capillaires sanguins.
    En effet, les capillaires sanguins sont les moyens logistiques permettant l’alimentation et le nettoyage des cellules ainsi que l’entretien de leur vitalité.

    Il a inventé des bains à la térébenthine, capables de réveiller par voie physiologique l’ensemble des capillaires en stase ou en obstruction partielle.
    Salmanoff écrit : ” La question n’est pas de trouver un traitement pour une maladie bien définie, mais de restaurer le corps endommagé du patient, indépendamment du diagnostic.
    La raison de ces anomalies fonctionnelles réside surtout dans les capillaires.
    Les traitements actuels négligent l’importance du travail des capillaires où 80% du sang circule pour approvisionner dans la profondeur, les organes et les tissus. La conservation et le bon fonctionnement des capillaires doit être la base de la médecine future
    “.

    • KNEIPP : religieux allemand qui guérit sa tuberculose par l’hydrothérapie

    Tout a commencé en 1847. Sébastian KNEIPP, 26 ans, atteint de tuberculose et déclaré incurable, tombe sur une publication du docteur Hahn : « De la force et des effets de l’eau fraîche sur le corps humain.
    N’ayant plus rien à perdre, il s’administre un auto-traitement.
    Au programme : course à pied deux fois par semaine sur les bords du Danube et plongeons dans une eau à 5 °C !
    Un « remède de cheval » qui le guérit en quelques mois.
    Il décide alors de poursuivre ses recherches sur l’hydrothérapie et soigne, avec succès, son entourage.
    En 1886, il publie son premier traité sous le titre “Ma cure d’eau”.
    Surnommé le « docteur de l’eau », il enrichit sa méthode pour en faire une véritable hygiène de vie qui considère le corps dans sa globalité.

 6/ Essor de la naturopathie au 19ème siècle 
a) La redécouverte des pratiques naturelles 

– DELBET : médecin obsédé par la nocivité des antiseptiques
Il soigne les plaies durant la guerre avec le chlorure de magnésium par voie interne qui stimule les globules blancs.
– NEVEU : adepte du chlorure de magnésium
Il développe ses recherches sur les vertus du chlorure de magnésium et se heurte au système médical qui valorise la vaccination de masse.
– CARTON : médecin, atteint d’une tuberculose
Il redécouvre les méthodes naturelles : alimentation, hydrothérapie…
– QUINTON : biologiste français, connu pour ses travaux sur l’eau de mer
Il effectue le rapprochement entre le milieu intérieur des êtres vivants et l’eau de mer.
Il devient le précurseur des oligo-éléments et des injections d’eau de mer « sérum de Quinton ».
– KOUSMINE : un traitement expérimenté depuis cinquante ans.
Le Dr Catherine KOUSMINE a compris qu’il ne pouvait y avoir de résultats réels et durables dans le traitement des maladies de notre époque sans une modification radicale de notre alimentation. Il s’agit en fait d’un retour à l’alimentation saine que nous avons perdue.
– PASSEBECQ : ancien officier de gendarmerie devenu naturopathe
Atteint d’un cancer, il refuse les soins conventionnels.
Il prend connaissance de la technique de santé naturelle appelée « Naturopathy ».
Il guérit et devient l’un des précurseurs de la naturopathie en France.

b) Les différents mouvements naturopathes

Le mouvement hygiéniste américain :
Ce mouvement est porté par des médecins ayant renoncé à la médecine allopathique.
L’hygiénisme authentique prône une « paix thérapeutique » et « non interventionniste ».
– Herbert Macgolfin Shelton (1895 – 1985) : éducateur de santé aux États-Unis
Shelton est végétarien et défenseur des régimes de nourriture basique.
Considéré comme le père des associations alimentaires, il a été le fondateur de l’hygiénisme, une médecine non conventionnelle qui prône l’auto-guérison, le crudivorisme, le jeûne et la naturopathie.
Certains de ses livres, tel que « Le jeûne et les combinaisons alimentaires », sont devenus des classiques en naturopathie.
– Héritiers français les plus connus : CARTON, PASSEBECQ
Le mouvement naturopathe américain :
Se dissociant des mouvements hygiénistes puristes, certains médecins vont intégrer à leur pratique d’autres méthodes naturelles de soins.
Le mouvement naturopathe français :
Il se structure en France dans les années 40 autour du Docteur Marchesseau et grâce aux différents travaux de ses prédécesseurs (CARTON, DURVILLE…).
Pierre Valentin Marchesseau (1911-1994) est un homme d’exception.
Il est d’origine charentaise, professeur d’éducation physique, licencié en philosophie, international de rugby, haltérophile de bon niveau.
Il suit un parcours académique particulièrement divers :
– doctorat en philosophie
– études de droit
– médecine
Il fut ensuite au contact des grands naturopathes et humanistes de l’époque.
Tout d’abord aux USA : Lutz, Mac-Fadden, Krishnamurti.
Puis en France : Carton, Mono, Dr Georges Rouhet, Edmond Desbonnet.
Ses différentes recherches lui ont permis de mettre au point la naturopathie orthodoxe.
Cette synthèse consiste en la réunion de toutes les techniques de ces illustres prédécesseurs, au service de la restauration de la force vitale du patient.
C’est ce que l’on appelle le processus d’auto-guérison